Chroniques P-M Bertrand

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Deux fois par mois, lesgauchers.com donne carte blanche à Pierre-Michel Bertrand, auteur de "l’Histoire des gauchers" et du "Dictionnaire des gauchers" (Édition Imago). Ce spécialiste reconnu (dont les ouvrages sont traduits en de nombreuses langues) nous livre librement ses réflexions, ses découvertes, ses coups de cœur et, pourquoi pas, ses "coups de gueule".

SALE TEMPS POUR LES DROITIERS…

   Au XIXe siècle la gaucherie était perçue comme une tare, une dégénérescence. Elle affectait essentiellement, disait-on, les déclassés de la société, les malades mentaux, les « races inférieures », les déviants, les criminels.
   On qualifiait aussi de gauchers les partisans des opinions politiques de gauche, c’est-à-dire, à l’époque, les socialistes, les républicains, les révolutionnaires, les opposants au régime orléaniste et autres fauteurs de trouble genre Blanqui, Raspail ou Barbès. Pour accentuer le caractère péjoratif de l’appellation on y a peu à peu substitué le terme de gauchard, puis celui de gauchiste. C’est ce dernier vocable qui a fini par s’imposer.

   Dans les années 1960 est apparu le rival de gauchiste : le droitiste, désignant cette fois le conservateur, le partisan de l’ordre bourgeois, le réactionnaire. S’il est encore présent dans les dictionnaires, le mot droitiste a disparu du vocabulaire courant. On a tendance à lui préférer, chez les commentateurs politiques, celui de droitier.
   Ce qualificatif est en général connoté très négativement. Témoin cette diatribe parue récemment dans La Libre Belgique (citée dans Courrier International du 6 mai 2010) :



Depuis quelques années, l’État français s’affirme sécuritaire, rabougri sur lui-même, antieuropéen et anxiogène. L’Hexagone s’avère plus centraliste et jacobin que jamais. Sarkozy a instauré un régime cynique, ultralibéral, droitier, inégalitaire et sans partage.

   ... Hé oui, chers amis droitiers, cela s’appelle l’ironie de l’Histoire.

                        pmb

                 Gauchèrement vôtre,

1er juin 2010

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